Titre : |
Histoire du mal de vivre : De la mélancolie à la dépression |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Georges Minois, Auteur |
Editeur : |
Editions de La Martinière |
Année de publication : |
2003 |
Importance : |
482 pages |
ISBN/ISSN/EAN : |
978-2-84675-076-9 |
Langues : |
Français (fre) |
Sommaire : |
AVANT-PROPOS, 5
CHAPITRE PREMIER :
Au commencement était la fatigue de vivre, 9
« Vanité des vanités... », 11 – L’explication philosophique : le pessimisme grec, 14 – L’explication médicale : la bile noire, 16 – La mélancolie, tempérament des grands hommes, 19 – Lucrèce, Sénèque, témoins du mal de vivre romain, 22 – Le taedium vitae comme raison légitime de suicide, 29 – La mélancolie devient une tare psychologique et morale, 37.
CHAPITRE II :
La diabolisation du mal de vivre. L’acedia médiévale, 43
Le nouveau contexte : la dévalorisation de la vie terrestre, 43 – Naissance de l’acédie dans les milieux érémitiques (Évagre, Cassien), 45 – L’acédie : la dépression des moines (haut Moyen Âge), 49 – Le vice mélancolique, 51 – Une relative réhabilitation, 56 – Le péché d’acédie, mal de vivre culpabilisant, 59 – Tristitia et desperatio, facteurs de suicide dans le clergé, 64 – Les autorités spirituelles face au suicide, 69 – Ambiguïté du désespoir chrétien, 72.
CHAPITRE III :
Quand la vie devient un enfer (XIV°-XV° siècle), 77
Les cavaliers de l’Apocalypse, 77 – L’irruption du temps, facteur de mal de vivre, 80 – Dame Merencolie est de retour, 84 – Pétrarque et l’ambivalence de la mélancolie, 88 – Art et mélancolie, 91 – La mélancolie, tare ou trait de génie ?, 93 – Explications médicales, 97 – « De nos jours, beaucoup désespèrent », 99.
CHAPITRE IV :
Le siècle de la mélancolie (1480-1630), 103
Les luttes religieuses, facteur d’angoisse, 103 – Humanisme et individualisme, facteurs d’inquiétude, 106 – Sous le signe de Chronos, 110 – Rire pour ne pas pleurer, 113 – Marsile Ficin et Cornelius Agrippa : la réhabilitation de la mélancolie, 116 – La mode mélancolique, de l’Italie à l’Angleterre, 121 – Les explications des médecins, 125 – Les théologiens contre la mélancolie diabolique, 128 – Mystique et mélancolie, 132 – Recrudescence des suicides, 136.
CHAPITRE V :
De Dürer à Burton. Portrait et anatomie de la mélancolie, 141
1514 : Melencolia l, 141 – Michel-Ange, Holbein, Montaigne : trois visages de la mélancolie, 144 – Timothy Bright et le Traité de la mélancolie (1586), 149 – Robert Burton, un dépressif au XVII° siècle, 152 – Les causes, 159.
CHAPITRE VI :
Pessimisme chrétien et naissance de l’ennui au XVII° siècle, 171
Pessimisme des libertins, 171 – Un comique amer et misanthrope, 173 – Tristesse du Grand Siècle, 176 – De l’explication philosophique à l’explication religieuse, 179 – Le pessimisme janséniste, 182 – Une spiritualité morbide, 185 – Ennui et esprit classique, 188.
CHAPITRE VII :
Les inquiétudes des Lumières, 195
L’inquiétude, facteur d’action, 195 – L’inquiétude, moteur de l’histoire, 198 – De l’inquiétude viscérale, 201 – Causes et remèdes, 204 – La mélancolie, du mépris au renouveau, 209 – Le chagrin d’exister, 212 – Pessimisme des Lumières, 216 – Être heureux : une obsession de malheureux, 222 – Le bonheur : une chimère ?, 224.
CHAPITRE VIII :
Les Lumières inquiètes. Les hommes, 231
La mélancolie suicidaire des Anglais, 231 – Le cas français, 233 – Les facteurs du suicide, 238 – Une esthétique de l’inquiétude, 243 – Louis XV le dépressif et Voltaire l’inquiet, 247 – L’ennui au féminin, 250 – Variétés du mal de vivre, 256 – Boswell et Johnson : le dialogue de deux dépressifs, 258 – L’internationale de la mélancolie, 262 – Boswell l’hypocondriaque, 264.
CHAPITRE IX :
Le mal du siècle romantique. De la fureur de vivre au spleen (XIX° siècle), 269
Des jeunes gens qui s’ennuient, 269 – Hésitations et contradictions face à la mort, 274 – Les romantiques analysent leur malaise, 279 – Des Anglais déprimés, 285 – Des Allemands et des Italiens désespérés, 287 – Des Français mélancoliques, 292 – La génération maudite, 296 – Diversité du spleen : Baudelaire, Wilde, Berlioz. Tolstoï, Poe, 302 – Le témoignage des correspondances et journaux intimes, 307.
CHAPITRE X :
Les systèmes du désespoir. Le XIX° siècle nihiliste, 311
Schopenhauer entre l’ennui et les ennuis, 312 – Hartmann, Stirner, Keller, Twain : les variétés du désespoir, 316 – Kierkegaard et la psychologie de l’angoisse, 319 – Le nihilisme, 323 – Dostoïevski et Maupassant : « À quoi bon ? », 325 – Le pessimisme fin de siècle, 329 – L’ultime révolte : Nietzsche, 334 – De la dérision à la neurasthénie, 337 – L’essor du suicide, 340 – Les explications : de la morale à la psychiatrie, 343 – L’explication
sociologique : Durkheim (1897), 348 – Mal de vivre et modernité, 352.
CHAPITRE XI :
Une culture du mal de vivre. Modernité et anxiété au XX° siècle, 357
Expressions artistiques et littéraires du mal de vivre, 357 – L’ennui, racine du mal moderne, 361 – Nausée et angoisse de l’existentialisme, 366 – « La catastrophe de la naissance » (Cioran), 369 – Le malaise révélé (journaux intimes et autobiographies), 373 – Le malaise exploré par la psychanalyse, 380 – Le mélancolique, un inadapté dans le monde contemporain, 384 – Un contexte socioculturel favorable au mal de vivre, 388.
CHAPITRE XII :
L’ère de la dépression, 395
La dépression : état des lieux, 395 – Les explications : un phénomène déroutant, 399 – Une lucidité créatrice qui dérange la société hédoniste, 404 – Mal de vivre et conduites à risques, 409 – Le mal de vivre trop vieux et trop malade, 413 – Suicide et dépression : deux formes différentes du mal de vivre, 417.
CONCLUSION, 425
NOTES, 431
INDEX DES NOMS DE PERSONNES, 461 |
4° de Couverture : |
Notre société rejette les pessimistes, les déprimés, les angoissés. Le « mal de vivre » serait-il une maladie de la modernité qu’il faut soigner à coups d'antidépresseurs ? L’expression date du XVIII° siècle, mais le mal-être qu’elle désigne existe depuis que l’homme cherche un sens à sa vie. Déjà, dans
l’Antiquité, les médecins décrivaient des patients atteints de syndromes dépressifs et proposaient des remèdes à base de plantes pour les guérir. Déjà aussi les philosophes s’interrogeaient sur l’ambivalence de ces « affections de l’âme ». Fatigue de soi, acédie, mélancolie, ennui, inquiétude, spleen, nihilisme,
nausée, angoisse, dépression, le mal de vivre a pris différentes formes au cours des siècles, mais toutes sont liées au malaise de la condition humaine. De Lucrèce à Schopenhauer, des cohortes d’esprits lucides ont analysé ce malaise. D’Aristote à Dostoïevski, beaucoup y ont vu le tempérament par excellence des « grands hommes ». D’Eschyle à Cioran en passant par Shakespeare, ce malaise a inspiré les plus grands auteurs de la culture occidentale. De l’impossible révolte de Prométhée contre le destin à l’angoisse de l’homme contemporain confronté aux pièges de la liberté, ce livre montre que le mal de vivre est la contrepartie des progrès de la pensée.
Georges Minois, professeur d’histoire, a écrit de nombreuses synthèses sur l’histoire de la culture occidentale. Il est l’auteur en particulier de l’Histoire de l’athéisme (Fayard, I998) et de l’Histoire du rire et de la dérision (Fayard, 2000). |
Histoire du mal de vivre : De la mélancolie à la dépression [texte imprimé] / Georges Minois, Auteur . - Editions de La Martinière, 2003 . - 482 pages. ISBN : 978-2-84675-076-9 Langues : Français ( fre)
Sommaire : |
AVANT-PROPOS, 5
CHAPITRE PREMIER :
Au commencement était la fatigue de vivre, 9
« Vanité des vanités... », 11 – L’explication philosophique : le pessimisme grec, 14 – L’explication médicale : la bile noire, 16 – La mélancolie, tempérament des grands hommes, 19 – Lucrèce, Sénèque, témoins du mal de vivre romain, 22 – Le taedium vitae comme raison légitime de suicide, 29 – La mélancolie devient une tare psychologique et morale, 37.
CHAPITRE II :
La diabolisation du mal de vivre. L’acedia médiévale, 43
Le nouveau contexte : la dévalorisation de la vie terrestre, 43 – Naissance de l’acédie dans les milieux érémitiques (Évagre, Cassien), 45 – L’acédie : la dépression des moines (haut Moyen Âge), 49 – Le vice mélancolique, 51 – Une relative réhabilitation, 56 – Le péché d’acédie, mal de vivre culpabilisant, 59 – Tristitia et desperatio, facteurs de suicide dans le clergé, 64 – Les autorités spirituelles face au suicide, 69 – Ambiguïté du désespoir chrétien, 72.
CHAPITRE III :
Quand la vie devient un enfer (XIV°-XV° siècle), 77
Les cavaliers de l’Apocalypse, 77 – L’irruption du temps, facteur de mal de vivre, 80 – Dame Merencolie est de retour, 84 – Pétrarque et l’ambivalence de la mélancolie, 88 – Art et mélancolie, 91 – La mélancolie, tare ou trait de génie ?, 93 – Explications médicales, 97 – « De nos jours, beaucoup désespèrent », 99.
CHAPITRE IV :
Le siècle de la mélancolie (1480-1630), 103
Les luttes religieuses, facteur d’angoisse, 103 – Humanisme et individualisme, facteurs d’inquiétude, 106 – Sous le signe de Chronos, 110 – Rire pour ne pas pleurer, 113 – Marsile Ficin et Cornelius Agrippa : la réhabilitation de la mélancolie, 116 – La mode mélancolique, de l’Italie à l’Angleterre, 121 – Les explications des médecins, 125 – Les théologiens contre la mélancolie diabolique, 128 – Mystique et mélancolie, 132 – Recrudescence des suicides, 136.
CHAPITRE V :
De Dürer à Burton. Portrait et anatomie de la mélancolie, 141
1514 : Melencolia l, 141 – Michel-Ange, Holbein, Montaigne : trois visages de la mélancolie, 144 – Timothy Bright et le Traité de la mélancolie (1586), 149 – Robert Burton, un dépressif au XVII° siècle, 152 – Les causes, 159.
CHAPITRE VI :
Pessimisme chrétien et naissance de l’ennui au XVII° siècle, 171
Pessimisme des libertins, 171 – Un comique amer et misanthrope, 173 – Tristesse du Grand Siècle, 176 – De l’explication philosophique à l’explication religieuse, 179 – Le pessimisme janséniste, 182 – Une spiritualité morbide, 185 – Ennui et esprit classique, 188.
CHAPITRE VII :
Les inquiétudes des Lumières, 195
L’inquiétude, facteur d’action, 195 – L’inquiétude, moteur de l’histoire, 198 – De l’inquiétude viscérale, 201 – Causes et remèdes, 204 – La mélancolie, du mépris au renouveau, 209 – Le chagrin d’exister, 212 – Pessimisme des Lumières, 216 – Être heureux : une obsession de malheureux, 222 – Le bonheur : une chimère ?, 224.
CHAPITRE VIII :
Les Lumières inquiètes. Les hommes, 231
La mélancolie suicidaire des Anglais, 231 – Le cas français, 233 – Les facteurs du suicide, 238 – Une esthétique de l’inquiétude, 243 – Louis XV le dépressif et Voltaire l’inquiet, 247 – L’ennui au féminin, 250 – Variétés du mal de vivre, 256 – Boswell et Johnson : le dialogue de deux dépressifs, 258 – L’internationale de la mélancolie, 262 – Boswell l’hypocondriaque, 264.
CHAPITRE IX :
Le mal du siècle romantique. De la fureur de vivre au spleen (XIX° siècle), 269
Des jeunes gens qui s’ennuient, 269 – Hésitations et contradictions face à la mort, 274 – Les romantiques analysent leur malaise, 279 – Des Anglais déprimés, 285 – Des Allemands et des Italiens désespérés, 287 – Des Français mélancoliques, 292 – La génération maudite, 296 – Diversité du spleen : Baudelaire, Wilde, Berlioz. Tolstoï, Poe, 302 – Le témoignage des correspondances et journaux intimes, 307.
CHAPITRE X :
Les systèmes du désespoir. Le XIX° siècle nihiliste, 311
Schopenhauer entre l’ennui et les ennuis, 312 – Hartmann, Stirner, Keller, Twain : les variétés du désespoir, 316 – Kierkegaard et la psychologie de l’angoisse, 319 – Le nihilisme, 323 – Dostoïevski et Maupassant : « À quoi bon ? », 325 – Le pessimisme fin de siècle, 329 – L’ultime révolte : Nietzsche, 334 – De la dérision à la neurasthénie, 337 – L’essor du suicide, 340 – Les explications : de la morale à la psychiatrie, 343 – L’explication
sociologique : Durkheim (1897), 348 – Mal de vivre et modernité, 352.
CHAPITRE XI :
Une culture du mal de vivre. Modernité et anxiété au XX° siècle, 357
Expressions artistiques et littéraires du mal de vivre, 357 – L’ennui, racine du mal moderne, 361 – Nausée et angoisse de l’existentialisme, 366 – « La catastrophe de la naissance » (Cioran), 369 – Le malaise révélé (journaux intimes et autobiographies), 373 – Le malaise exploré par la psychanalyse, 380 – Le mélancolique, un inadapté dans le monde contemporain, 384 – Un contexte socioculturel favorable au mal de vivre, 388.
CHAPITRE XII :
L’ère de la dépression, 395
La dépression : état des lieux, 395 – Les explications : un phénomène déroutant, 399 – Une lucidité créatrice qui dérange la société hédoniste, 404 – Mal de vivre et conduites à risques, 409 – Le mal de vivre trop vieux et trop malade, 413 – Suicide et dépression : deux formes différentes du mal de vivre, 417.
CONCLUSION, 425
NOTES, 431
INDEX DES NOMS DE PERSONNES, 461 |
4° de Couverture : |
Notre société rejette les pessimistes, les déprimés, les angoissés. Le « mal de vivre » serait-il une maladie de la modernité qu’il faut soigner à coups d'antidépresseurs ? L’expression date du XVIII° siècle, mais le mal-être qu’elle désigne existe depuis que l’homme cherche un sens à sa vie. Déjà, dans
l’Antiquité, les médecins décrivaient des patients atteints de syndromes dépressifs et proposaient des remèdes à base de plantes pour les guérir. Déjà aussi les philosophes s’interrogeaient sur l’ambivalence de ces « affections de l’âme ». Fatigue de soi, acédie, mélancolie, ennui, inquiétude, spleen, nihilisme,
nausée, angoisse, dépression, le mal de vivre a pris différentes formes au cours des siècles, mais toutes sont liées au malaise de la condition humaine. De Lucrèce à Schopenhauer, des cohortes d’esprits lucides ont analysé ce malaise. D’Aristote à Dostoïevski, beaucoup y ont vu le tempérament par excellence des « grands hommes ». D’Eschyle à Cioran en passant par Shakespeare, ce malaise a inspiré les plus grands auteurs de la culture occidentale. De l’impossible révolte de Prométhée contre le destin à l’angoisse de l’homme contemporain confronté aux pièges de la liberté, ce livre montre que le mal de vivre est la contrepartie des progrès de la pensée.
Georges Minois, professeur d’histoire, a écrit de nombreuses synthèses sur l’histoire de la culture occidentale. Il est l’auteur en particulier de l’Histoire de l’athéisme (Fayard, I998) et de l’Histoire du rire et de la dérision (Fayard, 2000). |
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